"Biblioteca Rocío" (1937-1939) o las virtudes de la novela rosa durante la Guerra Civil española

  • Didier Corderot Université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand)
Palabras clave: literatura juvenil, novela rosa, Guerra Civil española

Resumen

Las colecciones literarias populares no dejaron de desarrollarse en España en la primera mitad del siglo XX. Contrariamente a ciertas ideas erróneas, estas no desaparecieron durante la Guerra Civil sino que se adaptaron a las circunstancias, tanto más cuanto que su naturaleza híbrida y su extensión calibrada, corresponden a la disponibilidad reducida de su público lector. Sin embargo, su dispersión y la fragilidad de su soporte no permiten a esas colecciones seriadas ocupar su verdadero sitio en las historias literarias del periodo. Aún víctimas de prejuicios estéticos que las relegan a la categoría de infraliteratura, necesitan estudios monográficos para que se las reconozca en tanto que género de pleno derecho de la edición española. Este artículo se dedica a una de ellas : Biblioteca Rocío, que sale a la luz a partir de 1937, en Sevilla, es decir en el campo de los rebeldes nacionales y que se interrumpe a priori en 1945. La mayor parte de las novelas rosas que la componen son en apariencia de una total inocuidad ideológica en la medida en que son la repetición de títulos publicados en Francia en los años 1920, escritos por autores franceses. Su función consiste en volver a entronizar un modelo conservador, verdadero baluarte contra cualquier cambio que amenazaría el equilibrio de la sociedad. Se encuentra también en esta serie un conjunto de textos de escritores españoles –muchos de ellos son panegiristas del carlismo– que abogan de la misma manera por la superioridad de valores tradicionales, antídoto supuesto contra la subversión del proletariado. Biblioteca Rocío participa según sus responsables en la empresa de reconstruction moral de España.

 

Les collections littéraires populaires n’ont cessé de se développer en Espagne dans toute la première moitié du XXe siècle. Contrairement à certaines idées reçues, celles-ci ne disparaissent pas durant la Guerre d’Espagne mais s’adaptent aux circonstances, d’autant que leur nature hybride ainsi que leur extension calibrée, correspondent à la disponibilité réduite de leur lectorat. Cependant, leur dispersion et la fragilité de leur support ne permettent pas à ces collections d’occuper la place qui leur revient dans les histoires littéraires de la période. Encore victimes de préjugés esthétiques qui les relèguent à la catégorie d’infralittérature, elles nécessitent des études monographiques pour qu’on les reconnaisse comme genre à part entière de l’édition espagnole. Cet article est consacré à l’une d’entre elles : Biblioteca Rocío, qui paraît à partir de 1937 à Séville, c’est-à-dire dans le camp des rebelles nationalistes et qui s’interrompt a priori en 1945. La pluplart des romans à l’eau de rose qui la composent sont en apparence d’une totale inocuité idéologique dans la mesure où ils sont la reprise de titres parus en France au cours des années 20, écrits par des auteurs français. Leur fonction consiste à réintroniser un modèle conservateur, véritable rempart contre tout changement qui menacerait l’équilibre de la société. On trouve également dans cette collection un ensemble de textes d’écrivains espagnols – bon nombre sont des chantres du carlisme – qui prônent de la même façon la supériorité des valeurs traditionnelles, antidote supposé contre la subversion du prolétariat. Biblioteca Rocío participe selon ses responsables à l’entreprise de reconstruction morale de l’Espagne.

Sección
Dossier: Herencia, presente y futuro de la literatura europea: infancia e identidad